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Repenser l’usage de la voiture individuelle en zones rurales

11 Fév 2019

La question des mobilités urbaines pose celles des mobilités rurales : 90% des ménages vivant dans des communes de moins de 5.000 habitants sont motorisés. Comment repenser l’usage, aujourd’hui indispensable, de la voiture dans ces zones peu desservies ?

Ces chiffres de l’Union routière de France (URF) confirment le fait qu’aujourd’hui encore, on ne peut pas vivre sans voiture en zone rurale ! Au-delà des aspects financiers et environnementaux induits par cette dépendance, certaines personnes sont plus touchées que d’autres. C’est le cas des seniors qui souffrent de cette absence d’offre de transport. Ils seraient ainsi 49% à être en mesure de se déplacer quotidiennement en zone rurale contre 65% pour ceux qui vivraient en zone urbaine d’après Wimoov.

Trouver des alternatives à la voiture individuelle demeure l’enjeu premier des pouvoirs publics en matière de mobilité !

L’accessibilité à l’emploi et aux services publics est encore insuffisante à ce jour. Certains individus ne disposant pas de moyens de locomotion propre se retrouvent en situation d’isolement voire d’exclusion. Les populations les plus touchées sont les jeunes, les personnes âgées, les personnes en situation d’handicap, les personnes à très faible revenu ainsi que les personnes en insertion professionnelle.

La multimodalité, un moyen de développer la mobilité en zone rurale !

Plusieurs communes ont déjà entamé des réflexions autour de la multimodalité des transports. Par multimodalité, on entend la combinaison de plusieurs modes de transports entre deux lieux. Il peut s’agir des transports en commun (vélos ou navettes mises à disposition par les communes ou autocars longues distances), mais aussi de solutions comme le covoiturage, l’autopartage et le vélopartage.

En décembre 2017, la Communauté d’Agglomération du Libournais (Cali) annonçait sa volonté de repenser son schéma de transport. Ce projet de transport multimodal souhaite intégrer un bus autoroutier, un réseau de bus plus performant mais également la mise en place de l’autopartage et de pôles d’échanges multimodaux. Une autre piste envisagée est celle de rendre le transport collectif complètement gratuit.

En février 2018, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, remettait le prix French Mobility qui récompense les meilleures initiatives en matière de mobilité au Syndicat mixte des transports collectifs de l’Oise (SMTCO). Ce dernier a développé une approche globale et collaborative des mobilités encourageant l’usage des transports collectifs et incitant aussi les alternatives à la voiture individuelle. Pour de faciliter l’accès à l’offre de transport disponible, la plateforme web Oise Mobilité centralise tous les modes de déplacements de la région (trains, bus, vélos, car à la demande, covoiturage).

En Alsace, la région n’en est plus à son coup d’essai pour repenser la mobilité de ses habitants. Transistop, un système d’auto-stop développé dans la vallée de Munster a été dupliqué dans le Sundgau et sera déployé début 2019 en Alsace-Bossue. La région a également développé une plateforme d’échanges multimodaux à proximité de Muttersholtz. Celle-ci dispose d’un parking à vélos sécurisé et de bornes de recharges pour véhicules électriques (vélos et voitures).

Autre initiative, celle de la commune d’Ayen en Corrèze (700 habitants) est un bel exemple de la volonté des pouvoirs publics locaux d’améliorer l’offre de transports. En partenariat avec la SNCF, la commune a mis en place en 2018 Ecosyst’M, une plateforme permettant de mettre en relation des personnes souhaitant faire du covoiturage.

Plus récemment, la Loi d’orientation des mobilités (LOM) qui vise à résorber les « zones blanches de la mobilité » en créant des autorités organisatrices dans les communautés de communes, présentait des alternatives intéressantes pour améliorer l’accessibilité en zones rurales isolées.

Dans le texte présenté par la Ministre des Transports, Elisabeth Borne en novembre 2018, quelques mesures ou initiatives ont retenu notre attention. Il s’agit de :

  • La rémunération par certaines collectivités de particuliers comme chauffeurs occasionnels ;
  • L’incitation à la pratique du vélo et du covoiturage ;
  • La mise en place d’une offre de transport à la demande ;
  • La création de forfaits mobilités durables visant à encourager les déplacements.

L’intermodalité dans les territoires ruraux n’en est qu’à ses balbutiements. Son développement se verra – sans aucun doute – accompagner de solutions digitales permettant un accès en temps réel à l’offre de transports disponibles.