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Pourquoi l’autopartage grand public peine-t’il à trouver son équilibre financier ?

4 Mar 2019

L’autopartage a le vent en poupe depuis plusieurs années et malgré cela très peu d’acteurs parviennent à être rentables à ce jour en Europe. Après Autolib’ (fermeture du service en juillet 2018), c’est au tour de ZipCar d’arrêter ses services à Paris fin février 2019. On peut donc s’interroger sur la rentabilité de l’autopartage grand public.

L’autopartage, une formule qui séduit de plus en plus les constructeurs automobiles

Prendre le virage de la mobilité pour bon nombre de constructeurs automobiles signifie proposer des services facilitant les déplacements sans uniquement vendre des véhicules. Ainsi l’autopartage séduit déjà certains d’entre eux.

Le dernier en date ? Le groupe PSA, qui a lancé son service de free-floating Free2Move dans plusieurs pays européens, a annoncé le lancement de son service de mobilité en novembre 2018 à Paris. Ce dernier n’est pas le seul à se lancer dans la conquête des usagers de voitures en autopartage…

Autre constructeur français sur ce marché émergent, Renault profite de son réseau (mais aussi de stations au cœur des villes) et propose de l’autopartage thermique ou électrique à l’heure ou à la journée via Renault Mobility.

C’est aussi le cas de General Motors qui annoncé fin 2018, le lancement de sa propre plateforme d’autopartage Maven dans dix grandes villes aux Etats-Unis. En Allemagne, BMW et Daimler ont créé une joint-venture afin de partager les risques inhérents à l’investissement dans ces technologies et ainsi être plus compétitifs face aux acteurs de services de mobilité. Leurs offres respectives d’autopartage sont DriveNow et Car2Go. De son côté, Volkswagen a annoncé le lancement de WE en 2019. Il s’agit d’une solution d’autopartage 100% électrique. Le groupe allemand a aussi annoncé lors du Salon automobile de Detroit en Janvier 209 une alliance avec Ford visant à renforcer leur compétitivité. Cet accord pourrait sceller une collaboration portant sur les services de mobilité.

A leurs côtés, des spécialistes des services de mobilité sont très actifs dans le domaine de l’autopartage.

Aujourd’hui, trois offres différentes sont disponibles sur le marché français. On retrouve tout d’abord des acteurs tels que Virtuo ou Zipcar qui proposent de l’autopartage en boucle retour avec réservation pour une location de courte durée (de 1h à plusieurs jours). Ce système impose de rendre le véhicule à la station où il a été pris.

Feu – Autolib’ et Free2Move offrent, quant à eux, une solution d’autopartage en free-floating idéale pour des trajets très courts. En effet, l’usager a la possibilité de prendre et restituer le véhicule dans le lieu de son choix sans aucune contrainte de durée minimale (location possible de 1 minute à plusieurs jours).

Présentés au départ comme des facilitateurs de location entre particuliers, OuiCar et Drivy se présentent aujourd’hui comme des acteurs d’autopartage entre particuliers via des plateformes de mise en relation de particuliers. Avec OuiCar Connect, les locataires et propriétaires disposent même d’une application pour ouvrir le véhicule. Plus besoins de clés, plus de contraintes de temps…

L’autopartage, un pari sur l’avenir !

Afin de répondre au durcissement de la réglementation en matière de pollution et surtout répondre aux besoins d’une cible urbaine, sensible à de nouvelles formes de mobilité, l’autopartage est apparu comme un service de mobilité à fort potentiel de développement. Une étude du Boston Consulting Group (BCG) estime que d’ici à 2021, l’Europe comptera près de 14 millions d’inscrits à un service d’autopartage. Pour l’instant, d’après l’Observatoire des mobilités émergentes paru fin Novembre 2018, seulement 5% des Européens ont eu recours à des services d’autopartage.

Aujourd’hui, l’autopartage reste un marché de niche avec un trop grand nombre d’acteurs. En Europe, seul Mobility – existant depuis 1997 et précurseur sur le marché Suisse – a su développer un modèle d’autopartage rentable. En France, les offres se multiplient, mais les usagers ne sont pas pour autant plus nombreux. Certains acteurs préfèrent même renoncer faute de rentabilité. C’est le cas d’Autolib’ et bientôt de ZipCar.

Quels leviers pour faciliter l’envol de l’autopartage ?

Pour que l’autopartage se développe de manière moins confidentielle, il va être important de jouer sur deux tableaux en même temps, à savoir une implication des pouvoirs publics et agglomérations (incitations financières, développement de solutions alternatives dans les villes et les zones péri-urbaines et facilitation du stationnement par exemple) et l’adoption de nouveaux comportements et mentalités car l’attachement à la voiture individuelle reste très prégnant et la notion d’usage versus propriété peine encore à s’ancrer profondément.