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« Notre potentiel au service de la mobilité est encore à saisir ! » – 3 questions à Pierre Meffre, Directeur Valorisation Portuaire et Missions d’Intérêt Général de la Compagnie Nationale du Rhône

9 Fév 2021

Les Clés de la Mobilité donnent la parole à ceux dont l’action et l’expertise façonnent notre mobilité, aujourd’hui et pour demain. Directeur Valorisation Portuaire et Missions d’Intérêt Général de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), Pierre Meffre nous montre comment une politique plus complète de mobilité des biens peut aider des collectivités à fluidifier la mobilité des personnes sur d’autres canaux. Le fluvial porte ainsi un fort potentiel de soulagement des transports en commun à proximité et à l’intérieur des villes.

Comment la mobilité fluviale des marchandises peut-elle en venir à faciliter la mobilité des personnes au sein de l’agglomération lyonnaise et le long du Rhône ?

Mobilités des biens et des personnes sont intrinsèquement liées : plus de biens sur la route, c’est plus de camions et camionnettes, plus de difficultés de circulation pour les bus et voitures, plus de temps perdu et de pollution pour tous. C’est aussi pour cela que nous entretenons et développons le réseau de mobilité fluviale sur le Rhône : un bateau qui transporte ses marchandises sur le Rhône ne fait pas de bruit, pollue moins à volume transporté égal qu’un camion, et libère autant de place dans nos villes pour la mobilité des citoyens qui s’en trouve plus fluide et plus rapide, tous modes de transports confondus.

Quelle est donc la place que vous donneriez au transport fluvial dans un mix des mobilités plus respectueux de l’environnement et plus fluide pour les habitants des grandes agglomérations ?

Le transport fluvial est le complément idéal du transport ferroviaire : les deux sont actuellement sous-utilisés en France alors que nos réseaux sont très compétitifs. Or, c’est autant de flux routiers qui pourraient être partiellement remplacés par des flux fluviaux et ferroviaires qui pollueraient moins et satureraient moins l’espace urbain, donc la mobilité des personnes. Par « partiellement », j’entends que le fluvial est un mode de transport compétitif pour les déchets, les matières pondéreuses (sable, minerais, engrais, etc.), les matières dangereuses, les conteneurs, les produits métallurgiques etc.

Inversement, le fluvial n’a pas vocation à devenir un relai massif de mobilité des personnes, faute de notamment de vitesse suffisante. C’est par le biais du transport de biens que nous pouvons apporter plus de fluidité et d’économies de pollution à la mobilité en général.

Comment pouvons-nous donc accorder au transport fluvial la place à laquelle il pourrait prétendre en région AURA et sur le territoire national ? Comment mieux l’articuler avec la mobilité des personnes ?

Il faut tout d’abord mieux faire connaître les atouts des modes massifiés en général et du fluvial en particulier. Ce rôle de marketing de l’offre est porté par l’association Medlink Ports qui fédère l’ensemble des acteurs de l’axe (les ports maritimes de Marseille, Sète, Toulon, CNR, VNF, SNCF Réseau et les ports fluviaux du Rhône et de la Saône). Il s’agit également de pousser une réglementation favorable au fluvial et au ferroviaire.

Ensuite, nous devons faciliter autant que possible la mobilité fluviale de marchandises, aujourd’hui complexe. Par exemple, un conteneur arrivant au port de Marseille est déchargé par un premier acteur, transporté en bateau par un second, déchargé du Rhône par un troisième et, enfin, livré à son point de livraison par un quatrième : quatre acteurs différents à coordonner et à rémunérer ! Fort heureusement, les premiers signes de simplification et de concentration se font jour : de premiers acteurs commencent à se saisir de la chaîne de transport dans son intégralité ou presque pour rendre cette mobilité plus accessible.

Pour sa part, la CNR estime que le transport fluvial pourrait être multiplié par quatre sur notre réseaux avant d’atteindre notre maximum et de devoir agrandir les voies et écluses : notre potentiel au service de la mobilité des biens, et de la mobilité en général, est donc encore à saisir !

À PROPOS DE PIERRE MEFFRE

Aujourd’hui Directeur Valorisation Portuaire et Missions d’Intérêt Général de la CNR, Pierre Meffre a accumulé plus de 25 ans d’expérience dans l’encadrement de projets territoriaux publics et privés dans les domaines de l’aménagement urbain, du foncier, de l’assainissement, de la gestion des déchets, etc. Pierre Meffre a ainsi été Conseiller régional en région PACA, Maire de Vaison-la-Romaine et Président de sa Communauté de communes pendant plus de 11 ans, et chargé d’affaires puis responsable d’une agence du Cabinet Merlin pendant plus de 11 ans.


À PROPOS DE LA COMPAGNIE NATIONALE DU RHÔNE (CNR)

La CNR est le concessionnaire du Rhône pour la production d’hydroélectricité, le transport fluvial, les usages agricoles et le premier producteur français d’énergie exclusivement renouvelable. Aménageur des territoires, La CNR est un acteur clé de la transition énergétique de la chaîne de valeur des énergies de l’eau, du soleil et du vent. Et ses missions d’intérêt général en font un partenaire de premier plan pour le développement et l’équilibre des territoires dans lesquelles elle est présente. Pour plus d’information, vous pouvez suivre le compte Twitter @_CNR__ ou visiter le site internet https://www.cnr.fr/.